Les bonobos: une inspiration pour les humains?

Se renseigner, découvrir et allez voir les bonobos, c’est allez à la rencontre d’une espèce animale qui, non seulement se rapproche le plus de l’être humain quant à son ADN (98-99%), mais qui a également adopté des pratiques sociales dont nous pourrions peut-être nous inspirer.  Là ne s’arrête pas nos ressemblances. Le bonobo est menacé de disparition, gracieuseté de l’être humain tout comme l’être humain est menacé de disparition, gracieuseté de l’être humain. Le regard interrogateur et perplexe que le bonobo pose sur nous est alors pleinement mérité.

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Les bonobos constituent un sujet fascinant à bien des égards. Parmi la famille des primates, ils constituent l’espèce qui emprunte des comportements qui peuvent trouver écho dans nos propres sociétés. Toujours est-il qu’on retrouve le bonobo principalement en République démocratique du Congo. D’ailleurs le nom bonobo découle de la ville de Bolobo. La population de bonobos est surtout présente dans l’est du pays dans un parc qui, en principe, doit voir à sa conversation.  Toutefois, le bonobo est menacé principalement par la déforestation, phénomène trop largement répandu en RDC (et ailleurs).  Le braconnage s’ajoute comme l’une des causes de l’importante diminution de la population.  Le bonobo est sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature des espèces animales menacées.

Pour mieux connaître les bonobos, la lecture de l’ouvrage de Deni Béchard, « Des bonobos et des hommes » est fort précieuse.  Non seulement l’auteur (québécois!) nous amène-t-il dans l’univers des bonobos mais il brosse un portrait très intéressant des luttes menées pour la conservation de l’espèce.  Il faut lire toutes les nécessaires tractations avec des chefs de village, des fonctionnaires et des ministères congolais, pour tenter de préserver des zones forestières essentielles aux bonobos.  La lutte est ardue: comment convaincre des populations locales – qui tentent de survivre elles-mêmes – que leurs pratiques à l’égard des forêts et des animaux représentent une plus grande menace encore à leur existence.  Béchard met bien en évidence les talents de persuasion de certains congolais qui étaient mandaté pour cette mission. Car les arguments devaient venir des congolais eux-mêmes et non des « mundeles » ou des étrangers.

Si la plus grande partie des bonobos sont dans l’Est du pays, non loin de Goma, il y a un petit parc voué à préservation des bonobos à proximité de Kinshasa.  En fait, ce dernier sert surtout à accueillir les bonobos orphelins.  On les soigne, les nourrit, leur permet de faire leurs premiers pas en société de bonobos.  Dans ce parc près de Kinshasa, on a la chance d’observer une population de plus de 70 individus.  Je dis observer mais parfois, on se demande souvent qui observe qui 🙂

Les bonobos sont sympathiques, enjoués souvent – lorsque la chaleur n’est pas trop accablante.  On les comprend.  Ils sont également taquins.  Par exemple, notre petit groupe s’appliquait à les prendre en photos.  Quoi de plus normal.  (Formidable, un endroit où on peut prendre des photos, pincez-moi quelqu’un.)  Toutefois, on a vite appris qu’il fallait se méfier.  Puisque la plupart des membres du groupe étaient intéressé à prendre en photo un tout petit bonobo (on aime prendre les photos d’enfant non?), un adulte – s’impatientant à l’endroit des paparrazis, a pris une poignée de sable et l’a lancé en direction des photographes.  Tant pis pour les lentilles et les poussières dans le capteur. Je n’ai pas été parmi les premières victimes.  J’ai été sauf la première fois et la deuxième fois. À un moment donné, ça été mon tour mais j’avais vu venir le coup au travers de mon objectif.  Je me suis tourné à temps pour protéger mon équipement.  J’ai dit calmement au bonobo adulte qu’il m’avait raté, qu’il devait faire mieux la prochaine fois mais ce dernier regardait à gauche, en haut, à droite, et au sol, m’évitant du regard avec un air d’une grande innocence.  Pour peu, il m’aurait pointé en direction d’un autre bonobo comme pour me dire: « c’est lui ».  Il était rigolo à voir.  J’en riais presque.

Alors, quid de mon affirmation sur des comportements de la société des bonobos qui pourraient nous inspirer?  Il faut savoir que la société des bonobos est une société matriarcale.  Les femelles dirigent.  Elles exercent le pouvoir.  Comment le font-elles? Avec la sexualité bien entendu.  Les femelles n’apprécient pas les comportements de nature dominante chez les mâles.  Le « c’est-moi-le-plus-fort » ne passe pas bien.  Un mâle qui sera agressif à l’endroit d’un autre, ou pire, à l’endroit d’une femme sera rejeté.  Pas de sexe. Passe ton chemin, reste à l’écart du groupe jusqu’à ce qu’il adopte de meilleures dispositions.

En fait, la sexualité devient chez les bonobos – non pas un moyen d’expression – mais bien un moyen d’apprivoisement.  C’est même un moyen pour diminuer les tensions, les disputes, la discorde.  Les bonobos privilégient l’entente sociale et l’harmonie plutôt que de chercher à se bagarrer.  On va s’embrasser et se faire des caresses plutôt que de se taper dessus.  Si un membre du groupe se sent irrité, angoissé ou stressé, un autre bonobo va aller le voir et échanger une poignée de main à la bonobo.  Les chercheurs s’entendent pour affirmer qu’on n’a jamais assisté à une scène où un bonobo tuerait un autre bonobo en raison d’un conflit ou pour une autre raison.

En outre, le lesbianisme est pratiqué comme moyen pour deux femelles de mieux se connaître et de s’apprivoiser.  Par exemple, une jeune femelle qui aimerait devenir amie avec une autre plus vieille se rapprochera peu à peu de cette dernière. Éventuellement, si ça convient aux deux, et bien se sera « y’a de mal à se faire du bien ».  Et l’amitié se sera scellée.  Note: j’ai appris le tout par mes lectures seulement car – non! – nous n’avons pas pu observer de rapprochement au cours de notre visite.  J’imagine juste la tonne de sable que nous aurions pu recevoir si on avait 1) vu une scène et 2) choisit de la capter en image. 🙂

En fait, les bonobos sont parmi les êtres vivants qui pratiquent le plus ce que les hippies prônaient tellement, soit faites l’amour, pas la guerre.  Petite pensée comme ça: si l’homme descend du singe avec ses bonnes et moins bonnes caractéristiques, on pourrait peut-être juste essayer de remonter un peu la lignée…direction bonobo?

J’ai visité des centres de la petite enfance par le passé mais c’était la première fois pour moi de voir un CPE pour bonobos. Quatre à cinq jeunes bonobos étaient supervisés par deux congolaises dotées d’une patience indescriptible. De jeunes enfants ça bouge, mais de jeunes bonobos, ça bouge dans toutes les directions – le haut y compris! Dans un lieu à l’écart, il faut voir ces jeunes bonobos grimper, bouger, se chamailler, jouer, s’asseoir bref tenter d’avoir l’attention et obtenir les caresses des deux congolaises. Le plus jeune des cinq se réfugiait sur l’une d’elle et avait droit à la protection de cette dernière compte tenu de son très jeune âge. Les autres tentaient à l’occasion de le tirer de sa position, de l’arracher à cette dernière. Lorsqu’il y en a un qui a exagéré et s’est fait trop insistant, il a eu droit à bon avertissement gracieuseté d’un petit coup de bâton sur la tête.

Moment insolite

Pour prendre les photos de la « pouponnière » ou du CPE, je me suis éloigné de l’endroit d’observation qui est désigné.  Vous savez ce que c’est: un photographe, c’est un photographe et il va aller chercher le meilleur angle.  Nous sommes donc quelques-uns à prendre des photos en périphérie.  Le guide s’approche de nous et nous demande de regagner le lieu d’observation – derrière une vitre.  Il dit: « C’est pour éviter la contamination. »  Dans mon esprit, je trouve ça correct.  Il faut éviter que l’animal contamine l’être humain.  Mais lui d’ajouter: « Les bonobos sont fragiles, il faut éviter de les contaminer. »  Ah bon!  Vrai qu’on est dans une réserve pour les bonobos et qu’ici, ils sont vénérés.  L’humain est facultatif.

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Un commentaire pour Les bonobos: une inspiration pour les humains?

  1. Nathalie dit :

    Allo Louis, pas besoin d’aller à la biblio aujourd’hu! Tu as fait ma journée!

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