L’équilibre

Garder l’équilibre.  Trouver le juste milieu entre les belles découvertes, l’émerveillement du dépaysement et nos points de repère.  S’appuyer ce qui nous essentiel tout en s’ouvrant aux essais, à l’inattendu, aux surprises.  Y’a pas d’inquiétudes, dans le domaine de la coopération, des surprises, il y en a.  Elles viendront.  Elles font partie de « l’expérience ».  En République démocratique du Congo, les surprises font partie de l’ordinaire pour les gens.  Délestage d’électricité sans crier gare, embouteillage, pluies diluviennes qui rendent les rues impraticables, et quoi d’autres encore, les Congolais font preuve d’une résilience remarquable.  C’est peut-être pour ça qu’ils parviennent si bien à déambuler avec une belle nonchalance tout en transportant sur leur tête paniers, sacs, denrées, meubles, en tant d’autres objets.  Ils n’ont peut-être peur que d’une chose: que le ciel leur tombe sur la tête. 

Merci de l’aventure, merci de m’accompagner avec ce blogue, merci de me lire et surtout merci à ceux et celles qui prennent le temps de commenter.  Vos mots sont précieux.  Merci aussi de partager et faire connaître à vos amis, collègues et connaissances.

Cette semaine, hommage en photos au sens de l’équilibre des Congolais.  Qu’ils soient hommes ou femmes, ils transportent vraiment tout sur leur tête.  Au début, on remarque particulièrement ces jeunes hommes qui se promènent avec ses sacs de plastique.  À l’intérieur, d’autres petits sacs remplis d’eau.  Plutôt que d’acheter une bouteille d’eau, vous achetez votre petit sac d’eau.  Il vous en coûtera à peine 0,20 à 0,40$ pour ce petit sac. Le prix sera en conséquence puisque vous êtes un « mundele », soit un homme blanc mais y’a toujours le jeu de la négociation.  Par contre, toujours impressionnant de voir – comme dans la photo ci-bas – l’élégance et la dignité des femmes dans leur démarche malgré ce qu’elles transportent sur leur tête.  En traitant cette photo, j’avais cette chanson de Gilles Vigneault à l’esprit: ♫ « I went to the market un p’tit panier sous mon bras…. » ♫





Les jeunes hommes s’assurent d’avoir du style.  On transporte le tout avec des couleurs, souvent avec des casquettes ou des chapeaux.  On affiche une belle nonchalance et « l’attitude ».  On transporte pour vendre la plupart du temps.  Vendre du pain, de l’eau, des accessoires, des chaussettes, des fruits ou des légumes. L’expression « un marché ambulant » trouve ici tout son sens.  Puisqu’on est un « mundele », si tu ne vas pas à la montagne, la montagne va venir vers toi.  Mais un signe de la main, un « non merci, c’est gentil » est vite compris. On déambule sur les trottoirs (lorsqu’existants), sur les côtés des routes, au milieu de la chaussée parmi la circulation.  On est particulièrement actif dans les endroits les plus propices aux embouteillages.  Quel commerçant n’aime pas avoir une clientèle « captive ».


Puis y’a le transport qui est lourd, difficile, qui exige chaque ressource de notre corps, y compris le cou, les épaules, la tête.  Le transport qu’on a pas le choix de faire puisqu’il n’existe pas de moyen de transport à disposition, à notre portée ou qu’on peut se payer.



Garder l’équilibre, un défi à relever lorsqu’on s’habitude à une nouvelle vie.  On fait nos deuils de certains plaisirs qu’on a laissé à la maison: un « vrai bon café », du wifi à volonté et à grande vitesse, certains aliments.   Par contre, on a le plaisir d’être dans un pays où on vend des mangues, des papayes, des ananas, des avocats, des bananes qu’on vient de cueillir et qu’on vend sur le trottoir ou au marché.  On vit dans le pays où on produit des arachides.  Elles sont fraîches et succulentes, certainement les meilleures que j’ai jamais goûtées.  À nos entraînements matinaux au centre sportif, on substituera le tout par des cours de danse africaine deux soirs par semaine: un soir dans une salle climatisée et l’autre, à l’extérieur, dans l’humidité et la chaleur avec un ballet de chauves-souris au-dessus de nos têtes.  Magique!  Et finalement au téléjournal de RDI, on se rabat maintenant sur TV5 Afrique.  Et on découvre comment l’Afrique grouille, bouge, s’agite parfois, évolue, vit des moments difficiles, règle des comptes avec d’anciens régimes.

L’équilibre s’installe peu à peu et la nécessaire nonchalance en raison de la chaleur fait dorénavant parti de notre démarche. Mbote na yo, moninga ! (bonjour mon ami en lingala).   Étreintes kinoises.

Moment insolite

J’utilise une plaque de cuisson vitro-céramique depuis mon arrivée, soit trois semaines. En cuisinant il y a quelques soirs, une détonation retenti.  POW!  La noirceur est immédiate. Je me dis, « tiens, du délestage ».  Sauf que je vois qu’il y a de l’électricité chez nos voisins. Je remarque qu’un des « breakers » sur le panneau électrique est abaissé.  Visiblement, il y a eu surtension.  L’électricien – heureusement – était dans les parages et il remet le courant à partir de son panneau.  L’électricité revient.  Je reprends ma cuisson.  POW!  À nouveau l’obscurité.  L’électricien vient et constate qu’un court-circuit existe probablement dans le four avec la plaque de cuisson, ce qui créé la panne généralisée.  « On va vous le changer » dit-il.  Au bout de quelques jours, on reçoit notre nouveau four/plaque de cuisson – même modèle.  Il semble avoir déjà été utilisé mais c’est pas grave.  Hier soir, je l’utilise pour la 1ère fois.  Je met l’un des ronds en action – à feu doux me dis-je pour commencer la relation tout en douceur. CRRRRRRRRRRAAAAAAAAKKK! Voilà un son que je reconnais malheureusement.  Eh oui, la plaque de cuisson vitro-céramique vient d’éclater là où je cuisinais.  Un modèle similaire chez Isabelle et Dylan, deux collègues coopérants, avait connu le même sort la semaine dernière, un soir où je préparais un repas en compagnie de Dylan. Autrement dit, en trois semaines, à nos deux appartements de coopérants volontaires, on vient de passer au travers de trois fours.

N’hésitez pas à commenter, ajouter des précisions ou des informations.  Vos mots sont importants.  Il est toujours temps d’appuyer mon projet de même que CUSO International en contribuant via ma page personnelle de coopérant volontaire.  Votre contribution, aussi modeste soit-elle, sera multipliée par dix grâce aux ententes entre CUSO International et les instances gouvernementales canadiennes.

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20 commentaires pour L’équilibre

  1. mijajul dit :

    Et dire que ma mère nous apprenait à marcher droite avec un livre sur la tête et je peux vous dire que ce n’était pas facile de traverser une pièce de la maison sans qu’il tombe. La différence des us et coutumes de chacun. Merci de nous faire voyager à travers votre blogue.

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  2. josianedal@hotmail.com dit :

    Bien heureuse de te lire! Les photos parlent beaucoup! À bientôt!!!

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  3. Michel_ dit :

    Bonjour Louis, très sympathique ce partage d’inquiétudes et de certitudes qui nous ramènent à l’équilibre. Avec ces belles photos et ton texte savamment inspiré de circonstances réelles, tu nous permets de voyager nous aussi. Dans mon cas, je reconnais, de façon nostalgique, mes voyages au Mali et au Cameroun.
    Merci et bonne continuation.

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  4. scoupy76 dit :

    Pas facile donc de s’habituer aux plaques de cuisson locales….. Tout est donc dans l’apprentissage de l’équilibre « lui aussi très local »….. Ici, en Normandie, il fait un peu froid mais surtout de la pluie sans arrêt depuis bientôt une semaine……….mais les écoulements sont différents… Bonne fin de journée en RDC… Amicalement

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  5. Marika dit :

    Merci Louis pour ce partage tout en couleur qui me fait voyager vers un pays mystérieux où l’équilibre et le juste milieu sont un mode de vie. Merci pour le moment insolite qui me fait voyager cette fois vers mon passé lointain d’étudiante, où résidente sur un campus universitaire, des courts-circuits provoqués par le branchement de plusieurs plaques chauffantes, plongeaient tout un étage de la résidence dans le noir à l’heure du souper.;-))

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  6. Nathalie dit :

    Merci, Louis, pour ce partage de textes et photos. Contente d’avoir de tes nouvelles et prendre part à ta belle expérience. Passe une belle semaine et à la prochaine.

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  7. Alain Boulard dit :

    Bonjour Louis. Je suis heureux de te retrouver et à ma grande surprise en Afrique. Je suis déjà allé en stage à Madagascar mais jamais sur le continent. J’ai toujours rêvé de faire ce que tu fais actuellement et c’est avec beaucoup d’émotions que je lis tes textes si bien écrits. Au plaisir de te relire à nouveau. Alain

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  8. luce dit :

    Louis, c’est toujours super intéressant de lire ton blogue. Tu nous fais découvrir de belles coutumes et tu nous rappel à quel point nos réalités sont bien différentes! Il serait très difficile c’est jours si de se promener avec des marchandises sur la tête, avec autant de glace sur les routes et trotoirs, on réussit à peine à se tenir debout …. les danrés se retrouveraient sûrement éparbillées dans la rue.

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  9. Marie Carole Mc Kenzie dit :

    Je serais curieuse de mesurer la force du cou et du dos de ces femmes qui portent leurs produits sur leur tête et leur bébé dans le dos. Je suis certaine qu’elles seraient beaucoup plus fortes que plusieurs de nos athlètes canadiens. Tiens, j’ai une idée, nous pourrions inventer un nouvelle compétition olympique. Em Afrique, j’ai aussi été surprise de découvrir tout ce qu’on peut mettre sur une petite bicyclette et le nombre de personnes qu’on peut « stockées » sur une petite moto.
    Magnifiques photos thématiques, merci pour ce texte et les images partagées.

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  10. J,ai lu déjà il y a plusieurs semaine (sans avoir pu commenter)… je suis inspirée par ton aventure et ton implication Louis!… Bravo…! Ça donne des idée pour la retraite…. Andrée

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  11. Ping : Des chariots et des hommes | Louis Lavoie, photo | communication humanitaire

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